.
Enseignements 
 
Le Nouveau Testament d'un point de vue Juif
 
 
 
 

Le jeune homme riche et le trou de l’aiguille

Eszter Orbán
 

“…il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.” (Mt. 19, 24)

Le trou d’une aiguille. Beaucoup m’ont posé la question: “qu’est-ce que cela veut bien pouvoir dire?”. Certains pensent qu’il s’agit littéralement d’une aiguille à coudre et du trou au travers duquel on passe le fil. D’autres affirment que le “trou de l’aiguille” est une porte très étroite à Jérusalem qui était utilisée lorsque les autres grandes enceintes de la ville étaient fermées. Cette porte était si petite et si étroite qu’elle reçu ce nom de “trou d’aiguille” dès lors qu’il fallait décharger les chameaux avant de pouvoir la franchir et que les personnes les montant devait quant à elles se pencher en avant pour ne pas se cogner la tête. Ces suppositions n’offrent cependant aucune explication concrète à savoir ce qu’est le trou de l’aiguille. Est-ce un symbole ou la réalité, voire une tournure de phrase? Et pourquoi est-ce justement un chameau qui doit passer au travers? Avant de nous plonger dans l’explication, examinons d’abord le contexte dans lequel ces mots furent prononcés de la bouche de notre Maître ainsi que les interlocuteurs à qui ils s’adressaient.   

“Et voici, un homme s'approcha, et dit à Jésus: Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle? Il lui répondit: Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d'adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère; et: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Le jeune homme lui dit: J'ai observé toutes ces choses; que me manque-t-il encore? Jésus lui dit: Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.” (Mt. 19,16-24.)

Voici donc l’histoire bien connue du jeune homme riche qui est attristé d’entendre ces paroles et qui choisi la richesse plutôt que de suivre Yéshoua. Cette partie de la Bible sert souvent de réquisitoire contre les riches ou contre ceux qui vivent dans des conditions un peu plus aisées que la moyenne. On enseigne pratiquement partout qu’un riche ne peut obtenir le salut sans se débarrasser de ses biens matériels en les offrant aux pauvres. Mais de quelle richesse est-il réellement question ici? Qui est ce jeune homme? Pourquoi se présente-t-il devant Yéshoua? Et pourquoi s’attriste-t-il?

Comme nous pouvons le voir d’après le contexte, il ne s’agit aucunement ici d’une athée, d’un hédoniste vivant sous le joug du Mammon dont le seul et unique objectif et d’amasser le plus de biens matériels possible. Il s’agit bel et bien d’un homme “riche” craignant Dieu, respectant ses lois et cherchant Yéshoua. Nous pourrions dire que nous nous trouvons face à un bon pharisien, un homme religieux vivant conformément aux lois souhaitant être encore plus parfait, plus pur et meilleur recherchant ce qui est si important pour lui: la vie éternelle. Nous n’avons donc pas affaire ici à un épicurien, un débauché mais plutôt à quelqu’un cherchant à faire le bien. D’ici l’interpellation: Maître!, ainsi que la question: que dois-je faire de bon? Cet homme veut agir en vue de bénéficier de la vie éternelle.

La réponse de Yéshoua à cette question est toujours d’actualité pour nous aujourd’hui: observe les commandements! Il ne dit pas: crois en Moi et tout ira bien. Il ne lui répond pas de l’accepter en tant que Messie et il ira d’emblée au Paradis. Yéshoua détourne l’attention de lui : “Observe les commandements”. C’est à dire d’observer l’Alliance que l’Éternel a passé avec tes ancêtres et qui est valable pour toi de la même façon. Observe et garde l’alliance, protège la et vie en elle! Car si tu vis en elle, tu connaîtras ce Dieu qui ta choisi, t’a appelé et qui t’a donné une tâche et un ministère. Le mot commandement sous entend par la même occasion, avoir une mission, une charge. Garde et préserve ce dont Dieu t’a chargé personnellement. Le jeune homme demande quels commandements, quelle alliance faut-il conserver? Yéshoua répond, les 10 commandements, les 10 Paroles. Tu dois observer cette alliance qui fut passée au Mont Sinaï, là où l’Éternel s’est révélé à toi, là où Il t’a appelé par ton nom, là où il a fait de toi un peuple, là où Il t’a montré qui tu es, là où Il t’a montré comment vivre et ce que tu dois faire. Sans ses commandements, nous ne pouvons parler de vie de croyant. Il est impossible d’évoluer sur le sentier de Christ tout en niant l’alliance. Les paroles de Yéshoua rappellent et confirment par la même occasion que la révélation du Père est éternelle et immuable, rien ne peut l’effacer. Cette alliance est la base de tout et celle sur laquelle ta vie de disciple peut se construire.

Le jeune homme poursuit: “J'ai observé toutes ces choses; que me manque-t-il encore?” Que me manque-t-il encore, qu’y a-t-il de mal dans ma vie si toutes les paroles de l’alliance vivent et agissent dans mon cœur depuis le début de ma vie de croyant? Si je connais et observe tous les commandements et toutes les ordonnances que Dieu a décrétés concernant ma propre vie, alors quelle faute y a-t-il encore en moi? Si je vis la vie qui m’a été donné de vivre dans laquelle toutes les lois sont respectées et si je me souviens constamment de tout ce que Dieu a fait dans ma vie, que peut-il encore y avoir comme défaut en moi? Comment se peut-il que la base soit bonne mais que le Temple ne continue pas de se construire après un temps? Comment se peut-il que ma vie de croyant soit stérile? Comment se fait-il que le départ ait été bon dans notre vie, mais que nous ne grandissions plus? Pourquoi n’évoluons-nous plus et pourquoi nous sommes-nous arrêtés? Pourquoi ma vie de croyant s’est-elle arrêtée en un point et pourquoi suis-je incapable d’aller de l’avant? Quel est le problème? Que me manque-t-il?

La réponse est là: “Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi”. Dans la traduction hébraïque, le mot traduit par parfait veut plutôt dire pur. Le terme pur utilisé ici est le même que celui utilisé dans l’Ancien Testament pour désigner les animaux purs consacrés au sacrifice sur l’autel de Dieu. Il s’agit ici d’une pureté dans laquelle l’homme peut vivre la plénitude, la sincérité et la vérité. Cette pleinitude qui consiste à pouvoir constamment être dans la présence de Dieu, devant et avec Lui. En d’autres termes, si tu souhaite être prêt au sacrifice pour lui, si tu veux toujours être sur l’autel du Seigneur, si tu souhaites vivre une vie de serviteur et pas simplement celle d’un croyant religieux, alors – selon la traduction littérale du texte hébreux – tu dois faire la chose suivante: „va et remet ce que tu possède, donne-le aux pauvres/aux humbles et tu auras un trésor dans les cieux puis viens/va progresse derrière moi.” Il n’est aucunement question ici de distribuer ses biens matériels parmi les pauvres. Il ne s’agit pas d’un appel humaniste à une œuvre de bienfaisance. Il ne s’agit pas de distribuer son argent et autres biens aux SDF, aux rescapés de catastrophes naturelles, à ceux qui ont des dettes et aux familles en difficulté. Il dit : remets tout ce que tu possède. Tous ces dons spirituels que tu as reçu, transmets les à ceux qui n’en ont pas. Donnes-les aux pauvres, aux humbles d’esprit, donnes-les à ceux qui ont faim de la Parole et soif de comprendre la volonté de Dieu. Ce que tu as compris et vécu de la Parole, tu dois le transmettre! Ne le gardes pas pour toi, sois-en le témoin! Transmets ce que tu vis ou as vécu dans cette alliance que l’Éternel a établi avec toi à travers Yéshoua HaMashiah. Fais-en de même avec les dons de l’âme, partage tes talents psychiques ou physiques pour que ceux qui n’en ont pas puissent en profiter et en être édifiés. Si tu as une bonne pensée, ne la garde pas enfouie en toi. Si tu as une pensée pure, exprime-la, partage-la avec ton prochain. N’étouffe pas ce qui est en toi car tu l’as reçu dans le but de le transmettre à ceux qui en manquent. Puisse-t-il s’agir d’un mot gentil, d’un geste tendre vis-à-vis de ton frère, d’une poignée de main amicale, ose donner, ose l’exprimer! “Donne tous ce que tu possède.” Car c’est ainsi que tu peux réellement servir. C’est comme cela que les commandements prennent vie en toi et autour de toi. C’est ainsi que la loi s’accompli si tu ne l’utilise pas que pour ton propre avantage. Si tu ne fais pas que de t’édifier toi-même en esprit et en âme, mais si tu partage toute cette “fortune”, tous ces dons spirituels et psychiques que tu as reçus, tu le mets au service des autres.  Nous n’avons pas reçu les commandements afin de nous parfaire nous-mêmes mais bien pour que tout ce que nous avons vécu à travers eux, nous puissions le mettre au service d’autrui. Ne gardons pas la Parole que nous avons comprise mais donnons-la à ceux qui en ont faim. Cessons de nous construire nous-même avec les pensées qui viennent de Dieu et qui sont sanctifiées, mais transmettons-les, distribuons-les pour que d’autres vies se construisent également avec leur aide. C’est ainsi que tu auras un trésor dans les cieux. Un trésor qui est une véritable mine, un puits intarissable. Tu n’auras pas simplement un trésor mais une véritable trésorerie où la semence du Verbe sera à ta disposition pour que dès qu’elle germera dans ton cœur, tu puisses en faire partager les autres. Tu peux avoir un trésor ou une mine d’or dans laquelle ta vie de disciple s’épanouira, vivra et portera de nombreux fruits. Dans ce magasin de semences, les germes pousseront toujours pour te faire vivre toi et ton entourage. Ce magasin quant à lui ne tarira jamais. Au plus je partage mes biens au plus je serai riche moi-même. Si une Parole a germé en moi et que je la transmets, de nouvelles semances tombée de celle-ci prendront racine en moi garantissant de nouvelles pousses. Au plus je partage mes pensées, au plus j’en reçois de nouvelles. Si je partage ce que je reçois, je recevrai d’autant plus. Ce n’est qu’ensuite que je serai apte à le suivre et non à me figer en un point perplexe et vacillant ne sachant que faire, vers où aller et comment le servir? Suis-le, car si tu t’arrêtes, la distance entre toi et lui ne cessera de grandir. Cependant, si tu vis cette pureté dans laquelle tu deviens digne au sacrifice, si tu es présent en sa présence, si la Parole de l’Éternel, sa volonté et sa loi prennent vie en toi et si tu transmets tout cela aux plus démunis que toi, tu ne peux ne pas évoluer sur son sentier.  Il ne peut y avoir de blocage dans ta vie dans pareil cas. Tu es incapable de tourner en rond autour de toi-même car te vie évolue et s’édifie sur le sentier de Christ. C’est ainsi que ta vie de croyant devient une vie de ministère.

“Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens.” Il s’en alla triste. Ce terme de “tristesse” signifie encore douleur, avertissement, idole/simulacre. Il s’attrista, il fut atteint de douleur car il ne s’attendait pas à une telle réponse. Au lieu de lui donner un tas de “bon conseils” pour être encore meilleur et observer encore plus de lois et de commandements, le “bon Maître” lui demande de vendre tout ce qu’il a reçu comme patrimoine, connaissance, vision et richesse spirituelle concernant la Parole de l’Éternel. Sa richesse n’était pas principalement d’ordre physique, ce ne sont pas de vastes troupeaux de bétail dont il était le propriétaire, mais bien plus de profondes connaissances concernant les Écritures Saintes. Le texte original nous rapporte qu’il avait une grande richesse et était un grand propriétaire. Il s’agit d’une richesse spirituelle et psychique: ses dons, ses talents, ses facultés. Il devint triste justement parce qu’il savait très bien que s’il démarrait sur ce chemin de service et de ministère, s’il partageait tout ce qu’il avait en tant que sacrifice constant, il devrait renoncer à son propre confort. Il savait qu’à partir de ce moment, ses actes ne serviraient plus simplement sa propre édification spirituelle mais aussi celle des autres. Il aurait dû sortir de lui-même. Car ce ministère suppose le sacrifice de soi-même, la douleur et la lutte dans l’intérêt de son prochain. Les paroles de Yéshoua furent un avertissement pour lui et lui allèrent droit au cœur. Ces paroles ont détruit en lui cette idole, ce simulacre de sa propre bonté et pureté qu’il essayait de parfaire. Il pensait que la vie de croyant ne servait qu’à se construire et qu’à se perfectionner soi-même. Si cela était le cas, l’homme deviendrait facilement sa propre idole. Yéshoua dit justement que si tu es riche, si tu as une fortune spirituelle et psychique, si tu as beaucoup de talents et de facultés, celles-ci ne t’on été données que pour servir vers les autres et non pour t’affiner toi-même. Si tu les gardes pour toi, ils deviendront tes idoles. Si tu les partages, ils seront bénédiction.

Qui est donc ce jeune homme et quelle est sa richesse? Car un jeune homme ne peut encore avoir de grande fortune car étant trop jeune pour avoir pu se le produire. Il ne peut être riche que dans le cas où il hérite. Dans ce cas, tout ce qu’il possède appartient à celui d’où son héritage provient. Ce jeune a hérité de toute sa richesse spirituelle et psychique de Dieu. Il ne s’est pas fait lui-même. C’est pourquoi, Yéshoua l’avertit d’aller et de tout transmettre. Car cette fortune ne t’appartient pas. Tu ne l’as pas reçu pour servir tes propres intérêts mais pour les faire fructifier dans la vie des autres. C’est pourquoi il est parti le cœur triste car il ne voulait pas assumer la distribution de son héritage.

“Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux.”

Dans la Bible, la notion de richesse est très diversifiée. Elle peut vouloir dire la richesse terrestre et matérielle dont la possession était toujours liée à des antécédents bien précis. Les patriarches étaient tous des hommes riches également en ce sens. Abraham, Isaac, Jacob et Joseph disposaient tous d’une très grande fortune. Les rois d’Israël furent pratiquement sans exception de riches souverains par la volonté de Dieu. Les livres des Psaumes, des Proverbes et des Ecclésiastes nous rapportent aussi très souvent que la richesse est un don venant de l’Éternel. Celui qui en bénéficie, la reçoit afin de rendre le témoignage visible de la grandeur de Dieu. Leur richesse ne leur appartenait pas. Abraham n’utilisa pas sa fortune afin de se construire et de s’épanouir lui-même. Il dût tout transmettre à sa descendance. Les rois eux non plus ne considéraient pas la fortune royale comme étant le fruit de leur propre labeur. Ils savaient que c’est ainsi qu’ils représentent Dieu parmi le peuple et que tout ce qu’ils possèdent appartient à l’Éternel. C’est justement pour cette raison que tous ceux qui considéraient les biens terrestres comme étant leur propriété (fussent-ils rois ou notables du peuple), s’écartèrent du droit chemin et agirent contre la volonté du Seigneur. Ou bien nous avons l’exemple de Job qui était humble, pieux et riche de surcroît. Il était malgré tout au-dessus de sa richesse et n’en dépendait pas car il savait que tout ce qui lui appartenait était un don de Dieu. Bref, nous pouvons dire que tous ceux qui vécurent dans la richesse représentaient toujours quelque chose. Dieu leur a confié dans chaque cas la transmission du savoir de ses promesses, de sa loi, de son appel et de son élection. La richesse matérielle n’a jamais été autre que la manifestation concrète, le reflet de la richesse spirituelle et psychique héritée de Dieu. Cette richesse pouvait être bien ou mal gérée par leurs bénéficiaires. Comme nous pouvons le lire dans Deutéronome 8,18: “Souviens-toi de l'Éternel, ton Dieu, car c'est lui qui te donnera de la force pour les acquérir, afin de confirmer, comme il le fait aujourd'hui, son alliance qu'il a jurée à tes pères.”

Tout comme la richesse spirituelle et psychique, la fortune terrestre n’avait pas de valeur en soi. Elle fut octroyée afin de rappeler l’alliance établie avec l’Éternel. Elle devait rappeler cette relation d’amour dans laquelle nous pouvons vivre en union avec Lui. Dieu nous enrichit afin de renforcer l’alliance qu’il a établi avec nous. La richesse spirituelle est son don par sa force, celle de l’Esprit Saint qui m’ouvre la Parole que je peux par la suite transmettre à mon tour. Ainsi suis-je capable de distribuer toute ma richesse psychique, physique, toutes mes pensées et autres dons venant de Lui en tant que ministère et en tant que dons et témoignages pour les autres. Ainsi toute la richesse de mon être, de mon esprit, de mon âme et de mon corps ne m’appartient pas, mais Lui appartient. Elle vient de lui et il la sanctifie pour en faire son témoignage aux yeux de tous et à l’aide de laquelle je peux accomplir mon ministère. Au plus je m’enrichis au plus l’alliance que j’ai passé avec lui se renforce. Je vois et ressent de plus en plus clairement sa volonté de façon à pouvoir l’appliquer davantage chaque jours.

Les mots de Yéshoua désignent ici les riches qui sont incapables de transmettre ce qu’ils ont reçus. Il parle de ceux qui gardent tout pour eux pour leur propre édification et épanouissement puisse-t-il s’agir de richesse spirituelle, psychique ou physique. Ceux-ci auront du mal à rentrer dans le royaume des cieux. Si je disais que les riches ont du mal à obtenir le salut, je pourrais effacer la liste des noms de tous les patriarches cités dans l’Ancien Testament car ils étaient tous riches. Ils furent des riches qui transmirent leur fortune à leurs descendants. Ils dépassèrent leurs propres limites en témoignant de Celui qui les a ainsi bénis. Cette phrase parle de ceux qui ne savent pas partager leurs biens. De ceux qui ne savent pas vivre une vie qui témoigne de leur Seigneur et qui sont incapables de le servir. Elle désigne tout ceux qui vivent peut-être une vie de croyant depuis de longues années mais qui n’ont jamais partagé quoi que ce soit de ce qu’ils ont reçus avec d’autres car ils le gardent pour eux-mêmes. Il s’agit de ceux qui aspirent à la perfection en bon pharisiens pour être les meilleurs croyants possible mais qui oublient de vivre par la même occasion. Ils oublient et s’empêchent de vivre et d’expérimenter la réalité, le but et l’essence de la Parole de Dieu. Pour eux, l’accès au royaume des cieux sera difficile.

“Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.”

Et nous sommes arrivés au problème du trou de l’aiguille. Je signale au passage que l’aiguille en tant qu’ustensile de couture n’apparaît nulle part ailleurs dans la Bible. C’est pourquoi je suis de nouveau allée voir la traduction en hébreux pour voir ce que cette expression peut bien vouloir dire. Le texte hébreux donne à peu près ceci: “Il est plus facile pour le chameau de traverser le sentier du trou (fosse) de la faute que pour le riche d’accéder au royaume de Dieu”. Le chemin de la fosse ou du trou de la faute. La faute veut dire erreur d’inattention et n’est pas égale au péché. Il ne s’agit pas d’un péché conscient, mais d’un faux pas, lorsque quelqu’un trébuche et tombe par inadvertance. Ce mot est utilisé lors de la présentation des sacrifices de culpabilité. Ce mot désigne également l’animal imparfait consacré à ce type sacrifice. Celui qui avait une faute, qui n’était pas pur ou qui avait une défaillance quelconque. Il était à vrai dire inapte à être présenté sur l’autel. La fosse ou le trou désigne la grotte ou la caverne voir le cachot. Il exprime une sorte de renfermement de dissimulation. Et voici le chameau, le “bateau du désert”, l’un des symboles du Proche Orient qui est considéré comme étant un animal impur selon la loi. Il est malgré tout capable de survivre dans des conditions de vie très extrêmes. Il peut garder l’eau pendant longtemps et il est très robuste. Il est pour l’homme de la région un outil pratiquement indispensable. Le mot hébreux gamal quant à lui ne désigne pas simplement le chameau mais il veut aussi dire murir, apporter des fruits. Que nous apprennent ces expressions?

L’image du chameau qui traverse le chemin de la fausse de la faute est le reflet de l’homme qui est capable de vivre dans la chaleur du désert en se nourrissant très peu. Il s’agit de celui qui peut vivre en buvant très peu et en mangeant très peu la Parole tout en produisant malgré tout quelques fruits. Il se suffit pendant longtemps avec le peu qu’il a reçu. De même dans la vie psychique, les pensées et sentiments peuvent nourrir pendant très longtemps. Et malgré que la vie de croyant soit faite de beaucoup d’obstacles sur lesquels on trébuche souvent, malgré que nous enchainions souvent erreurs sur erreurs, nous avons malgré tout notre petite portion d’eau pour nous maintenir en vie et sur le chemin de la foi. Cette petite quantité d’eau suffit souvent à donner vie à la Parole qui est en nous. Malgré le grand nombre de fautes, d’erreurs et d’imperfections, le croyant arrive à survivre et Dieu est même capable de l’utiliser ainsi pour porter des fruits vers d’autres personnes. Celui-ci rentrera plus facilement dans le royaume de Dieu car il s’est soumis au service du Roi avec le peu qu’il avait contrairement au riche vivant dans son avarice. Dieu est capable d’utiliser celui qui a peu mais qui se soumet. Il ne sait par contre rien faire de celui qui a beaucoup, qui est parfait et bénis mais qui n’obéit pas à ses ordres.

L’essence de l’histoire du jeune homme riche pourrait être résumée en une seule phrase: la simple vie de croyant doit devenir une vie de ministère au service du Seigneur.

Ces paroles étonnèrent aussi les disciples de Yéshoua. La parabole du trou de l’aiguille ne s’adressait plus au jeune homme riche à partir d’un certain moment puisque celui-ci s’en alla triste. Elle s’adraissait à ses disciples, à ceux qui étaient les plus proches de lui, à ceux qui étaient constamment avec lui, qui s’enrichissaient, s’édifiaient et s’abreuvaient des paroles et des actes de Yéshoua. La conclusion était un avertissement pour eux. Le message était clair, ils ne devaient en aucun cas garder pour eux tout ce qu’ils avaient appris du Maître. Ces mots furent comme un préambule a la vie d’apôtres et d’envoyés qui commença plus tard dans la vie des disciples. Il fallait qu’ils transmettent tout ce qu’ils ont vu, appris, entendu, expérimenté. Ainsi s’accompli en eux la promesse. Et c’est ainsi que cette histoire devint un message pour nous également.

“Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent: Qui peut donc être sauvé? Jésus les regarda, et leur dit: Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible.”

Qui peut avoir le salut? Qui peut voir le royaume de Dieu? Le mot salut n’est autre que le mot Yéshoua qui veut dire Sauveur. Qui peut donc vivre dans cette liberté, dans cette bénédiction qui lui apporte la salvation, la plénitude? La réponse de Yéshoua à cette question est littéralement comme suit: “aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible”. Notre vie et notre ministère ne peuvent s’épanouir sous une impulsion et d’une volonté humaine. Les trésors qui nous furent transmis sont intransmissibles de notre propre volonté. Dieu est celui qui renforçant son alliance en nous peut donner vie à nos dons et nous envoyer dans notre ministère. Vivant avec et en lui, notre vie de servant s’épanoui par la distribution de nos biens. Nous ne devons pas nous suffire à une petite quantité d’eau et de vivres, un magasin entier, une complète trésorerie nous attend. Ces trésors, nous ne devons cependant pas les conserver pour notre propre bien-être, mais les transmettre à ceux qui en ont faim. Nous ne devons donc pas traverser le trou de l’aiguille aux travers de fosses et d’erreurs en série, si nous connaissons et savons quel est notre voie et notre appel dans le Corps de Christ. Nous devons juste remettre tout ce que nous avons, tous nos dons et talents à celui qui nous a fait part de son héritage pour qu’entre ses mains, notre vie soit également un don pour les autres. Une vie de service, épanouie et riche.

2011.03.29

 

Traduit du hongrois par Richard (Zeev Shlomo)

Copyright © 2005-2017 SHOFAR - BUDAPEST, communauté juive croyant en Yéshoua HaMasshia
Ministère JHVH NISSZI www.kehilatshofar.com


Nos articles peuvent être copiés et distribués sans aucune modification, gratuitement et dans leur intégralité uniquement !
Copyright © 2005-2017 Communauté SHOFAR

http://kehilatshofar.com